vendredi 20 août 2010






La première église d’Eugène Corbeil à La Tuque

Je n’avais pas encore vu ces photos [1] qui dateraient de 1948 et qu’aurait prises l’architecte trifluvien Ernest Denoncourt, de passage à La Tuque dans le cadre de la construction d’une nouvelle école, l’ «Externat des filles», la future École centrale, érigée à l’angle des rues Saint-Joseph et Saint-Eugène, toujours en usage.

Denoncourt avait dessiné les plans de l’école, comme cela avait été le cas, en 1937, pour la conception d’un ajout à l’école Saint-Zéphirin.

/// = = ///

Photo prise depuis la rue Saint-Georges.

Le côté ouest de l’église et la sacristie, détachée du bâtiment et installée à angle.

On distingue le mur nord de la seconde église, de même que le jeu de tennis [2] situé parallèlement à la rue Saint-Georges.

Le mur est, aperçu depuis l’angle des rues Saint-Georges et Saint-Antoine donne une idée de la raideur de la pente. On a dû installer l’édifice sur des pilotis.

Le mur de l’Ouest et la façade, donnant sur le Sud.


Le mur de l’Est et la façade.

Cette photo permet de mieux voir comment on a arrimé la sacristie à l’église.

On peut voir les traces (en sombre), sur le mur arrière de l’église, de la surface occupée par la sacristie avant qu’on la détache.On a installé un couloir-balcon pour passer d'une partie à l'autre.

La photo, prise le 6 août 1948, à partir de la rue Saint-Joseph, à la hauteur de la rue Saint-Eugène, donne une idée de l’état des travaux de la construction de l’École centrale et permet de voir la présence, à l’arrière-plan, des deux églises.

On notera aussi le «Curb Service», qui deviendra le Pignon Rouge. Le revêtement extérieur du mur du sud est inachevé.

On reconnaîtra aussi l’immeuble blanc sis au coin de Saint-Joseph et de Saint-Louis, encore debout de nos jours, et quelques maisons de cette dernière rue.

8 octobre 1948, la structure métallique de

l’École centrale prend forme.

À l’arrière-plan, on perçoit une partie de l’usine de la Brown Corporation.

/// = = ///

Gaston Gravel m’a fourni cette photo du chœur de la première église.

[1] Les photos proviennent des archives du Centre interuniversitaire d'études québécoises.

[2] Cette carte postale, vraisemblablement des années 1940, peut-être 1950, permet de situer l’emplacement du jeu de tennis et de la sacristie déplacée.

On y voit une bonne partie du secteur dit «De L’Aut- Côté-du-Lac». On y distingue les rues Saint-Paul, Saint-Augustin et Saint-Louis, orientées nord-sud, de même que la rue De la Plage, au nord du lac Saint-Louis..

En haut, à gauche, la grange de la Brown Corporation, bâtie au début des années 1920, le long de l’avenue Brown, puis l’école Saint-Michel, érigée en 1921.

/// = 28 = ///

dimanche 15 août 2010




La résidence de ROMULUS DUCHARME en 1948

L’architecte trifluvien Ernest Denoncourt, qui dessina les plans de l’École centrale, érigée en 1948 et 1949, profita de son séjour à La Tuque pour prendre en photos la résidence de Romulus Ducharme, ainsi que la première église paroissiale de Saint-Zéphirin, qu’on a déplacée à l’angle des rues Saint-Antoine et Saint-Georges et qui sert d’école.

Voici cinq vues de cette première résidence de la famille Ducharme, tirées des archives en ligne du Centre interuniversitaire d’études québécoises.

Les photos sont de 1948.

/// == ///

La façade de la maison, voisine immédiate de la cour du «collège» Saint-Zéphirin, donne 1910 comme date de construction.

À l’époque le numéro civique était le 273, rue Commerciale.

À l’avant-plan, notera la religieuse, accompagnée d’une fillette, pensionnaire sans doute de l’orphelinat situé un peu plus bas, rue Commerciale, passé la côte de l’hôpital.

Le côté sud.

À droite, on distingue clairement, une partie de la façade de l’école Saint-Zéphirin.


Le mur arrière, donnant sur l’Ouest et le futur quartier Bel-Air.

/// == ///

Les débuts de l’avocat Ducharme furent modestes. Il fut le premier de sa profession à s’établir de façon permanente à La Tuque, dont il sera le premier conseiller juridique.

Il se lancera d’abord en politique dans l’arène fédérale, avant d’être élu une première fois à l’Assemblée législative de Québec en sous la bannière de l’Action libérale nationale, en 1931, comme représentant du comté de Laviolette. Puis, il suivra Maurice Duplessis, fondateur de l’Union Nationale.

Il remporta son siège de député unioniste à huit reprises, de 1936 à 1962. Il se retira de la politique en 1966. Il décédait à La Tuque, le 15 février 1976.

1936

En juin, Ducharme est hospitalisé à Québec et ne peut siéger à l’Assemblée législative.

En septembre 1936, Ducharme, député dans l’opposition, et le maire de La Tuque de l’époque, qui fut candidat du Bloc populaire à la même élection, rencontrent des représentants gouvernementaux pour leur soumettre une demande de route menant au Lac-Saint-Jean. Il leur faudra attendre près de 30 ans pour l'obtenir.

Une photo d’unionistes heureux, leur ami Ducharme vient d’être encore réélu : Réal Gravel, F.-X. Lamontagne, Oscar Fontaine, Ducharme, Aldori Dupont, Idola Duchesne et Lucien Ringuet. Tous arborent le ruban portant le patronyme du député, disposé à la verticale.

Photo aimablement fournie par GASTON GRAVEL

Des citoyens et citoyens contestent l'évaluation de leur propriété. Parmi eux, le producteur agricole Rosaire Bouchard, qui a des édifices à logements, un député à la retraite, Marie-Paule Vézina, Pierre Vézina et le Club de golf et curling.

/// == ///

Yves Guillemette, créateur du site LA TUQUE, DES GENS, DES LIEUX, DES ÉPOQUES, a inscrit deux photos récentes (août 2010) de la deuxième maison occupée par la famille Ducharme, construite sur le même lot, voisine du Complexe culturel Félix-Leclerc, boulevard Ducharme.

http://www.facebook.com/home.php#!/photo.php?pid=31430431&op=1&o=all&view=all&subj=106491422718720&aid=-1&oid=106491422718720&id=1003003925&fbid=1483124710423

/// = 27 = ///

vendredi 14 mai 2010





Il y a 55 ans … le retour du trio d’aviateurs latukois

Tout récemment avait lieu la 35e inspection annuelle de l’Escadron 636 des cadets de l’air La Tuque.

La formation de ce corps faisait déjà partie des plans d’anciens membres de l’Aviation royale canadienne au moment de la création de l’Aile 312 de la RCAFA (Royal Canadian Air Force Association), appelée parfois, dans un rare élan de francisation, le Corps royal d’aviation du Canada, quand ils reçurent leur charte, en 1955.

C’est donc les 12 et 13 février 1955 que fut célébrée, en grandes pompes, la remise de la charte au président de l’aile latuquoise, W. A. Bishop. Le conseil administratif se composait également d’Onésime Tremblay, premier vice-président, de Marcel Roy, second v.-p., de Joseph Tardif, secrétaire, et d’Yvon Riberdy, trésorier.

La remise s’est faite le samedi 12, au Community Club, puis, elle fut suivie d’une soirée de danse à l’hôtel Royal, rue Saint-Louis, pour y célébrer l’événement. Le lendemain, une vingtaine de musiciens de l’Aviation donnait un concert dans la grande salle de l’École Centrale.

Photo prise au Community Club, lors de la fondation de l’Aile 312 de la RCAFA à La Tuque.(Photo : Roland Lalancette - Archives d'Hervé Tremblay)

Parmi les membres, les trois jeunots qui avaient brièvement fait partie de l’Aviation, en 1954 : Léo Ménard, Jacques Lavoie et moi-même. Dans le groupe, outre les membres du comité administratif, on pourra aussi reconnaître les figures de Roger Duchesneau, Jean-Paul Aubé, Aurèle Boily, Fernand Ouellette, Anatole Côté, Gérard Sullivan, J-C. Bilodeau, Jean-Claude Houle, J.-P. Sicotte, Marcel Bouchard, Chauncey Adams, J.-P.-G. Caron, Zoël Frenette, John Kinsey, W. H. Stroud, Gaston Matte, Philippe Noreau et R. Séguin et quelques autres.

L’Écho de La Tuque

Cette photo de groupe fut prise vers 1955. Agenouillés, ou accroupi, à l’avant, de nouveau, les trois aviateurs qui, de retour à la vie civile, ne semblaient pas avoir encore trouvé l’âme sœur...

À droite, deuxième rangée, Marcel Courteau. À l’arrière, deuxième dame de la droite, Thérèse Danis. (Photo : Roland Lalancette - Archives d'Hervé Tremblay)

Vers 1956. De gauche à droite, Onésime Tremblay, Herbie Monahan, Joseph Tardif, C.E.S. Brown (pasteur de la paroisse anglicane St. Andrews de La Tuque, de 1941 à 1962), A.W. Bishop, Sutherland, un inconnu, Jean-Paul-Aubé, Roger Duchesneau, Jean-Claude Houle. Photo fournie à titre gracieux par Gaston Gravel.

En compagnie de leur conjointe, à l'avant, Onésime Tremblay, Jean-Claude Houle, Fernand Ouellet, A.W. Bishop. À l'arrière, Jean-Paul Aubé, Herbie Monahan, Gerry Sullivan, Marcel Courteau, Joseph Tardif, le pasteur C.E.S. Brown. Photo aimablement prêtée par Gaston Gravel.



///
=== ///

Pique-nique organisé par l’Aile 312, vers 1960. À l’arrière-plan, Marcel Roy.

Au centre, de profil, Gerry Sullivan et son épouse s’occupent du lunch de quelques jeunes participants, dont Robert Cantin, qui,lui, a bien repéré l’objectif de l’appareil photo de sa mère, braqué sur lui… (Photo : Maizy Lee Cantin - Archives de Jean Cantin)

/// === ///

Les anciens combattants et les gens qui avaient fait partie des forces armées canadiennes ont été des intervenants importants, par l’implication de leur association, la formation de corps de cadets de l’air, entre autres, dans la vie sociale de La Tuque.

L’EXPOSITION COMMERCIALE

C’est ainsi que plusieurs de ses membres, qui appartenaient aussi à la section 31 de la Légion canadienne, dont l’existence, à La Tuque, remonte à février 1931, ont organisé, en 1956, la première foire commerciale de La Tuque, semblable au récent Salon des commerçants et artisans tenu récemment. La foire, installée dans le vieil aréna situé derrière le Community Club, constituait un événement social et économique important dans la communauté de l’époque et l’Aile 312 y avait habituellement un kiosque.

Les organisateurs de la troisième foire commerciale (1958) remercient la population latuquoise et les exposants et les commerces (dont beaucoup sont aujourd’hui disparus) et les compagnies qui ont fourni des prix à cette occasion. L’annonce rappelle d’ailleurs que plusieurs gagnants n’ont toujours pas réclamé le leur.

La liste est intéressante, car elle constitue un inventaire substantiel des magasins et des services disponibles à La Tuque il y a un demi-siècle.

Préparation de la quatrième foire (1959)

En 1961, il semble y avoir eu moins d’exposants et davantage de stands de jeux. On joue de la «fibre patriotique». En ce cinquantenaire de la ville, c’est l’endroit idéal pour y fêter le «Dominion Day»…

The Shawinigan Standard, 23 juillet 1958.

Sauf erreur, la foire s’est tenue par la suite au Colisée, nouvellement construit.

Ce sont les Canadiens de Montréal qui, le 27 septembre 1962, inaugurèrent officiellement le Colisée. Ils affrontaient le club Canadien Junior d’Ottawa-Hull, que dirigeait alors Scotty Bowman.

Avant même son ouverture, on parlait d’avoir une équipe de hockey qui se mesureraient à quelques-unes du Lac Saint-Jean (La Voix du Lac Saint-Jean, Saint-Félicien, 28 mars 1962).

/// === ///

ACTIVITÉS DE L’AILE 312

L’Association des anciens de l’Aviation a organisé des activités sportives, dont des tournois de curling où se sont distingués des Latuquois. En 1961, ce furent Jos Tardif, Albert Gohier, Joe Sullivan et Denis Allard, qui avaient défait l’équipe de Larry Loken.La même année, un autre Latukois, le capitaine d'Aviation Ken Ruel fut décoré de la C.F.D., la Décoration des Forces canadiennes pour ses 12 années de service.

Carte de membre de la RCAFA de Hervé Tremblay.

/// === ///

Suite à mon épisode précédent...

Yvon Tremblay, vers 1955 (Archives d'Hervé Tremblay)

À Saint-Jean-sur-Richelieu, où je suis passé pour y faire mon entraînement de base, j’avais rencontré Yvon Tremblay, un Latukois d’origine qui sera par la suite électricien à l’usine de la C.I.P.

Une anecdote savoureuse sur sa famille

Son père avait eu un garage, à Shawinigan, qui fut transformé par la suite en salon mortuaire. Ironie du sort, c’est là que la carrosserie du garagiste fut embaumée.

. . .

Et voilà qu'il y a 69 ans, aujourd'hui, on lançait le Shawinigan à Lauzon.


/// === ///

Souvenir d’un aviateur de la Seconde Guerre mondiale

Marc Ringuette, fils d’André, natif de La Tuque, m’a autorisé à reprendre cette photo de son oncle Jules, ancien pilote de la RCAF. La photo a été initialement inscrite par Marc sur la page Facebook I COME FROM LA TUQUE, ainsi commentée.

« Jules Ringuette, l'aîné de mes oncles et pilote, frère de Lucienne (Paulo Ruel), Simone (Roland Girard), Fernand, André (mon père) et Michel (Monique Bilodeau). Il a dû inspirer mes cousins Guy (contrôleur de l'air) et Pierrot (pilote), fils de Lucienne et Paulo Ruel, dans leur choix de carrière ! » (Fonds Lucienne Ruel – Société d'histoire de La Tuque)

« Toute la fratrie de mon père est née et a grandi à La Tuque. Mes grands-parents, Michel Ringuette et Aurore Lacerte, sont montés de Saint-Étienne-des-Grès pour y fonder famille vers 1920. Jules est né en 1921.
Je sais que Jean (1941), on a toujours dit Jeannot pour mon cousin, l'aîné chez Jules, est né au Cap-de-la-Madeleine. L'école de pilotage y était. Jules avait-il déjà quitté pour la guerre ? Depuis combien longtemps ?
À savoir si Jules, avec Carmela Trottier comme épouse, ont vécu à la Tuque ... Mon oncle portait déjà l'uniforme quand ils se sont épousés. Ils se sont établis à L'Ancienne-Lorette, après la guerre (encore une histoire d'aéroport).

Papa a quitté La Tuque pour ses études en 1945 ou 1946. Il revenait travailler pour la Brown comme étudiant l'été. En 1951 il s'est établi à Granby, après un stage à Hamilton (Ontario). La Westinghouse y ouvrait ses usines. Au bout, il n'y a que Lucienne (1922) et Paulo Ruel qui sont restés à La Tuque pour une deuxième génération (Guy & Pierre). Pierre y est toujours (au Lac-à-Beauce). »

/// === ///

Bernard Lejeune, originaire de La Tuque, de la famille des Lejeune bien connue à La Tuque – rappelez-vous la quincaillerie J. O. Lejeune, rue Commerciale, voisine de l’hôtel Windsor –, a publié en 2008 un essai, À la recherche de l’Étoile France-Allemagne (Histoires de soldats latuquois), dans lequel il s’intéresse à des anciens combattants de la ville, surtout à Albert Harvey, son grand-oncle, tué à la Seconde Guerre mondiale. On y trouve l’histoire d’une vingtaine de soldats.

Son livre a été publié à L’Assomption, à compte d’auteur.

/// === ///

Deux incidents reliés à l’aviation et qui se sont passés à La Tuque.

Le 22 juin 1955, en début d’après-midi, une explosion se fait entendre près de la piste de l’aéroport. Un chasseur à réaction, un Avro CF-100 Canuck de l’ARC, de fabrication canadienne, s’est écrasé en tenant un atterrissage d’urgence. Son pilote, J.G. Zaleschuk, et son navigateur, J.-M. Arsenault, y trouvent la mort.

Au début de mai 1962, l’équipage d’un avion cargo de l’ARC, un C-119, fut plus chanceux quand le pilote a pu poser son appareil sur la piste après qu’un des moteurs eut flanché.

/// === ///

Un rare objet de collection … bien latuquois !

Gaston Gravel me signale la mise en vente, sur eBay, de ce verre, fabriqué à l’époque pour les Breuvages Gaudreault.

Un morceau, fragile, de notre petite histoire, qui trouverait bien sa place dans un musée d’interprétation qui trouverait sa niche dans un Community Club rénové. Ce serait une formidable initiative qui mettrait en valeur l’histoire commerciale et industrielle de notre ville centenaire.

Les Breuvages Gaudreault, embouteilleurs de Pepsi et de Seven Up, produits concurrents de Coca-Cola, que «brassa» longtemps Émile Fontaine avant que son fils, Misaël, ne prenne la relève, distribuaient ces «liqueurs douces» de marque VOGUE, aux saveurs diverses : fraise, crème soda, racinette, orange, etc.

Il y eut d’autres distributeurs, dont celui de l’orangeade Nesbitt, Wilbrod Girard, décédé récemment. Je demande bien s’il n’offrait pas aussi le cola Donald Duck dans sa gamme de produits.

Le canard de Disney est tiré du Shawinigan Standard, septembre 1953.

. . .

Éphéméride

Élections à l'Harmonie de La Tuque en 1954. On y reconnaîtra plusieurs noms connus : Adélard Potvin, Gaston Hamel, Lenny Rowluck, Yvon Bouchard, Gérard Lachance, Philippe Journault, Denis Belisle, Léger MArtel, Julien Dion, Paul-André Moisan.

dimanche 18 avril 2010



Un trio latukois dans l’Aviation royale du Canada

Jacques Lavoie – Léo Ménard – Hervé Tremblay

En 1954, à 18 ans, je quittais la maison de mes parents, érigée depuis des décennies sur ce bout de rue appelé, jusqu’à l’année précédente, «le Pied de la montagne» (1), et auquel on a donné finalement le nom de rue Élizabeth. Belle attitude de colonisés : c’était le nom de la nouvelle «chef »du dominion du Canada. Ce n'était pas nouveau : la ville compteit déjà une rue Kitchener, bizarrement nommée en l’honneur d’un maréchal britannique !

Comme le chômage était élevé et que les emplois, plutôt rares, j’ai pensé que m’engager dans l’Aviation pourrait être un façon d’apprendre un métier, en plus de pouvoir y perfectionner mon anglais et, surtout, d ‘avoir l’occasion de voir du pays.

Journée de ma promotion, Saint-Jean-d’Iberville, le 10 juin 1954.

1. Saint-Jean-d’Iberville, Québec

Mon séjour dans les forces aériennes a commencé à Saint-Jean-d’Iberville.

Là, j ‘ai rencontré deux autres gars de La Tuque : Léo Ménard et Jacques Lavoie, qui, par la suite, seront bien connus de la population d’ici pour leur implication dans le milieu.

Le trio latukois dans ses quartiers, révisant ses notes de cours :

Hervé Tremblay, Léo Ménard, Jacques Lavoie. Saint-Jean-d’Iberville, 1954.

Le premier sera annonceur à CFLM, la station de radio qui ouvrit ses ondes en octobre 1959; le second fera dans l’immeuble, après avoir travaillé à l’usine de la Canadian International Paper, la C.I.P. Et il fera une courte carrière publique à l’hôtel de ville.

J’ai donc passé six mois à Saint-Jean pour y apprendre l’anglais, y recevoir ma formation militaire base, apprendre à tirer !

Hervé Tremblay et Jacques Lavoie chez l’oncle de ce dernier, à Cornwall, en Ontario.

Hervé Tremblay et Léo Ménard, sur la rive de la Richelieu, 1954.

2 Borden, Ontario

Hervé Tremblay et Jacques Lavoie, à Cornwall, en Ontario, 1954.

Pendant les six mois que j’ai passé à Borden, j’ai suivi des cours de mécanique, en «air frame», disait-on, à l’époque. Il s’agissant d’apprendre à réparer la structure d’avions à partir de matériel neuf ou usagé.

Léo Ménard et Hervé Tremblay devant le restaurant Dundas, à Montréal, 1954.

3. Portage La Prairie, Saskatchewan

Avec des camarades francophones (Lévesque, Dubé, Doucet, Pellerin), devant le mouvement commémoratif de la Première Guerre mondiale, à Saint-Boniface, au Manitoba.

En Saskatchewan, à Portage La Prairie, il y avait des pilotes venus d’un peu partout, des militaires appartenant au pays de l’OTAN qui venaient s’y entraîner.

C’est là que j’ai pu mettre en pratique mes cours de mécanique. Cependant, nous, jeunes apprentis, nous étions appelés aussi à remplir toutes sortes de besognes, depuis celle de jouer aux pompiers jusqu’à la récupération des restes d’humains décédés lors d’un écrasement d’avion.

Ce qui m’intéressait surtout, c’était d’apprendre les méthodes d’enquête pour devenir policier militaire. J’aurais bien aimé faire partie de ce corps, mais j’ai dû déchanter, car j’étais trop jeune… Il fallait être âgé de 21 ans pour devenir M. P.

C’est ainsi que j’ai demandé à être démobilisé.

4. Borden

Je suis finalement retourné à Borden pour y être démobilisé.

Mon expérience dans l’Aviation m’a appris que les francophones n’y avaient pas vraiment leur place. Ils avaient beau se classer le plus souvent au tableau d’honneur pour toutes sortes de raisons, le climat n’était pas favorable au fait français. Nous étions dans la RCAF !

/// === ///

Le NCSM Shawinigan. Timbre Émis par Postes Canada en 1998.

À Portage-La Prairie, j’avais fait la connaissance d’un type de Shawinigan, Gaétan Pelletier. Voilà que je me rappelle de ce bateau, une frégate de la Marine canadienne, qui portait le nom de cette ville et qui a été l’objet d’un timbre, en 1998.

En service de 1941 à 1944, le bâtiment coula, avec son équipage de 91 matelots, dans le détroit de Cabot, au large de Terre-Neuve, le 24 novembre 1944, torpillé par un sous-marin allemand.

Le NCSM La Tuque

Écusson de la frégate La Tuque.

Je ne sais pas si ces marins, qui ont servi sur la frégate La Tuque, de 1941 à 1944, quand on l’a remodelée pour en faire le Fort-Érié, ont jamais su où était située cette ville.

Le Fort-Érié a été envoyé à la casse en 1966.

/// === ///

Léo Ménard

Originaire de La Tuque, Léo sera annonceur à CFLM de 1963 à 1968, avant d’être engagé par CJMS, la station mère du réseau Radiomutuel, à Montréal. Il y restera 14 ans avant d’occuper d’autres fonctions dans le domaine de la radio.

Léo a animé une émission sur la pêche et la chasse. Ici, dans le studio de CFLM,

entouré d’un filet et d’une canne a pêche et coiffé d’une casquette, il prodigue ses conseils à ses auditeurs.

Concours de dessins d’enfants à l’occasion de Noël. Vers 1965.

Les trois photos de Léo sont tirée de «Projections 1979», publication de l'Écho de La Tuque.

/// === ///

JACQUES LAVOIE

Jacques Lavoie et Hervé Tremblay, sur une bûche plus que centenaire, à Cornwall, en Ontario.

Jacques Lavoie a longtemps travaillé à l’usine de la C. I. P., avant de se lancer dans le domaine de l’immobilier.

Le 2 novembre 1963, il fut élu échevin du quartier 3, en remportant l’élection, par 154 voix, sur ses deux adversaires : Yvon Messier et Yvon Renaud. En septembre 1973, il annonce qu’il fera la lutte au maire sortant Lucien Filion. Odin Olsen, défait en en 1967, sera également de la course.

Jacques donne des conférences de presse, lance un journal, qu’il distribue de porte en porte. Tout cela bien en vain : le 4 novembre, dépouillement des votes. Jacques, avec 14,6% des votes (713), est bien loin de Filion (77,3%, 3793 votes), et devance Olsen (8,1%, 399 votes).

En 1977, dans son livre Histoire de La Tuque à travers ses maires (page 180), Filion écrit que la campagne de Jacques avait pris des allures de la fable de La Fontaine, «La Grenouille et le Boeuf».

Jacques Lavoie, en route, sur le pouce, vers La Tuque.

Archives d’Hervé Tremblay.

Page publicitaire parue dans le cahier spécial de L’Écho de La Tuque «75 – C’est plein d’avenir… La Tuque 1911-1986», publié le 17 juin 1987.

Merci à Françoise Bordeleau de m'avoir rappelé la parution de ce placard.

Jacques va s’impliquer dans les Cadets de l’Air, de même que l’un de ses employés, Jean-Claude Houle.Jacques est décédé il y a quelques années.

/// === ///

(1) Deux résidants de cette artère, simplement désignée sous l’appellation de «Pied de la Montagne», sans numéro civique, sont répertoriés dans le bottin de juillet 1949 de la Cie de téléphone La Tuque Falls Que. Il s’agissait de Jos Régnier (117s2) et d’ Aurélien Cantin (117s4)... Ding ! Dong ! Sonnez 2, sonnez 4 !

En 1988, Télébec, qui s’était portée acquéreur de La Compagnie La Tuque Téléphone, choisissait une toile de Jean-Guy Des Lauriers pour illustrer la couverture de ses bottins régionaux.

« Si La Tuque m’était contée », œuvre de Jean-Guy Des Lauriers, 1985.

SOURCE : Quatrième de couverture du cahier de L’Écho de La Tuque,

publié le 17 juin 1987.

C’est ainsi que cette scène représentant la fameuse montagne qui a donné son nom à la ville s’est retrouvée sur la page de couverture de plus 220 000 bottins, distribués un peu partout à travers le pays du Québec.

/// = *** = ///

COMMENTAIRE REÇU

Jacques Dufour me précise qu'il a été le partenaire d'entraînement à la boxe de Jacques Lavoie.

/// = 25 = ///