samedi 10 octobre 2009

LA TUQUE – 1920

Quelques échos de l’usine

de la BROWN CORPORATION et de la ville

Je retourne aux numéros de 1920 du Brown Bulletin, qui s’améliore. Il y a plus d’articles qui m’intéressent comme Latuquois. J’en reproduis deux ici, même s’ils sont en anglais.

En janvier, à la une, un travailleur rend hommage au fondateur de la Berlin Mills Co., en 1852, William Wentworth Brown (photo). Il est l’instigateur du souper de l’Action de grâces pour les employés qui, à cette occasion, reçoivent chacun une dinde.

Vue de la rue Saint-Joseph en direction de l’ouest, vers 1920. À gauche, on reconnaît la façade de la Banque nationale; au fond, à l’angle de la rue Tessier, une maison à étage qui sera déplacée, je croirais, lors de la préparation de la rue menant au Club. À droite, la première église. Carte postale du photographe L. Côté.

Pour ce qui touche à la vie politique de la ville, la nouvelle la plus importante est l’annonce que les services municipaux seront placés sous la responsabilité d’un gérant dont le choix devra être approuvé par le conseil de la ville et la Brown. Le salaire de ce nouveau fonctionnaire sera assuré par la compagnie.

Au plan scolaire, un document dactylographié de l’ancien greffier de la municipalité, Aldori Dupont [1], signale que trois écoles primaires, Saint-François, Saint-Michel et Desbiens, seront construites à partir d’un plan unique.

Une nouvelle d’importance, celle d’un gros projet de construction : le Brown Community Club, qui a fait l’objet de l’une de mes chroniques précédentes.

Dans le domaine des sports, une véritable fièvre du hockey se déclare.

Il en coûte 5 dollars pour avoir accès à la patinoire pendant la saison hivernale.

TBB, janvier 1920.

On parle beaucoup de ce sport pendant l’année. En janvier, le correspondant latuquois du Bulletin propose aux gens de Berlin de former une équipe et leur lance un défi. Il ajoute qu’ils seront sûrement intéressés par les prouesses d’une équipe féminine qui a été mise sur pied ici. Le hockey féminin existait en effet depuis quelques années à La Tuque. Une photo d’équipe datant des années 1920 ou 1930 a déjà fait la couverture d’un magazine.

TBB, février 1920.

À l’usine, des employés forment le club NIBROC, du nom, prononcé à l’envers, de l’inventeur (W. E. Corbin) d’une sorte de papier kraft, breveté par la Brown Company. L’un des produits dérivés deviendra célèbre : la serviette en papier, la Nibroc Paper Towel. Le gérant et le secrétaire-trésorier de l’équipe est Thomas Cleland, comptable, le gérant adjoint, Léo Côté, et le capitaine, Oscar Dicaire [2].

TBB, mars 1920.

FÉVRIER

À la fin du mois, l’équipe de Berlin s’amène à La Tuque. Le 29, elle remporte la partie. En mars, les Latuquois lessiveront leurs adversaires 5 à 0 à Berlin. Durant ce voyage, les joueurs du capitaine Dicaire affrontent des équipes bien organisées, dont les Crimson Ramblers de l’université Yale. On trouve des comptes-rendus de ces rencontres dans des quotidiens américains aussi importants que le New York Times.

NY Times, 1er mars 1920.

À Portland et à Lewiston (au Bates College), dans le Maine, et à Sherbrooke, le NIBROC remporte les trois joutes. Mais à Berlin, au New Hampshire, elle perd 3 à 2 contre les employés des usines de la Brown. Selon le reporter du Bulletin, les Latuquois auraient expliqué leur défaite par la chaleur : il ne faisait que 25 degrés sous zéro.

Fait intéressant, la majorité des joueurs de l’équipe de Berlin sont d’origine canadienne-française : L. Beaudoin, C. Dubey (sans doute Dubé), L. Fleury, O. Grégoire, A. Morin et O, Montminy. Les deux autres patineurs sont G. Brown et H. T. Raeburn.

En février cette équipe de Berlin bat des hockeyeurs d’East-Angus, en Estrie, avant de venir battre de nouveau le NIBROC à La Tuque, le 29 février. Les Latuquois prendront leur revanche en blanchissant les Berlinois plus tard.

Des travaux sont en cours pour remplacer, aux pieds des chutes, l’ancienne centrale électrique par une plus puissante.

La «côte de l'hôpital», plusieurs fois retravaillée. Vue sur le club de golf vers 1920. Aujourd'hui, c'est la côte du Bel-Air.

MARS

Les membres du personnel cadre (staff) des établissements de la Brown se déclarent très heureux, et pour cause, ils reçoivent une augmentation de salaire de 20 %.

La fièvre du hockey sévit toujours. La une du Bulletin d’avril est consacrée en partie à la visite des Berlinois à La Tuque et occupe une autre pleine page. Dommage qu’on n’y donne que le nom de deux Latuquois seulement : Mongrain [3] et Lacroix.

TTB, mai 1920.

AVRIL

Décès subit de Herman Martinson, le surintendant général de l’usine dont le fils, Norman, sera longtemps le superviseur de la boiler house, le département de la vapeur et de la récupération d’aujourd’hui. Et tout récemment, Éric, le fils de ce dernier, perdait tragiquement la vie lors d’un accident de travail survenu dans cette même usine.

MAI

TTB, mai 1920.

Long article relatant l’évolution des divers établissements fondés par les Brown en 1852, depuis la production de bois d’œuvre en passant par la pâte à papier jusqu’à la fabrication de la Kream Krisp, un shortening, une graisse émulsifiable pour usage domestique, concurrente de la Crisco, employée par nos mères et grands-mères dans la confection de leur pâte à tarte. La graisse déclenchera une guerre de brevets, car les fabricants de la Crisco, Procter & Gamble, accuseront les Brown de leur avoir piqué leur invention [4].

TTB, mai 1920

Entrefilet sur le déménagement des archives de la Brown, dans un édifice qui fut d’abord occupé par le personnel berlinois de la St. Maurice and Quebec Industrial Co., nom de la Brown Corporation de 1908 à 1917.

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Une vue sur le Sud-Est, prise probablement du clocher de l’église. À l’avant-plan, la toiture de la Banque Nationale. On distingue la voie ferrée, les rues Saint-Antoine et Saint-Louis et la deuxième gare. Derrière celle-ci, l’hôtel Royal.

Photo de L. Côté. Postée de La Tuque à une demoiselle Annie Oliversen (?), à Saint-Paul, au Minnesota, le texte est rédigé dans une langue scandinave.

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JUIN

Amédée Paquin devient col blanc au «main office». Il avait été, en 1907, le premier maître de poste de la localité.

La Brown engage deux infirmières.

JUILLET

TTB, juillet 1920.

La construction du Community Club progresse. On a planté de nombreux arbres pour assurer de l’ombre le long du nouveau tracé de la rue. On s’attend à ce que l’édifice soit prêt à l’hiver.

Au début du mois, La Tuque reçoit de nombreux délégués venus participer à la rencontre annuelle de l’American Institute of Chemical Engineers. Ils sont arrivés à bord d’un train spécial. Les organisateurs sont Simmons Brown, le surintendant de l’usine, B. Bjornlund, William L. Gillman et Fred Gilman.

AOÛT

Un aperçu historique de la ville

L’article a paru dans l’édition du mois d’août. L’auteur y signale qu’on y entretient les rues, qu’il y a l’électricité, le téléphone, un système moderne d’aqueduc et d’égouts. La ville compte un bon cinéma, de bonnes écoles, des églises et un hôpital, bref tout ce qu’une cité moderne possède.

SEPTEMBRE

Le chef de police de La Tuque, Alfred Auclair, pourrait bien demander à un employé de la Brown, venu de Berlin, de témoigner dans un cas d’accident causé par un excès de vitesse d’une voiture de la compagnie.

Les travaux de construction du bureau de pointage (le time office) et du Community Club vont bon train. Les jeunes qui s’adonnent à la danse attendent avec impatience l’ouverture de la grande salle du Club.

Une équipe de baseball des employés de l’usine de La Tuque a gagné trois de ses quatre joutes contre les Athletics de Berlin.

Vue de l’usine de la Brown, en direction du

Nord-Est, vers 1920.

OCTOBRE

J. B. Morneau et Alec (Alexandre) Martel font partie des administrateurs du programme de la Brown Company Relief Association, le régime d’assurance des employés.

TTB, octobre 1920

Il y a pénurie de main d’œuvre à la sorting gap, la section de triage des billes. On manque aussi de matériaux de construction, en particulier de fer, et il n’y a pas assez de maisons.

Le Club ne sera pas prêt pour l’hiver.

Les responsables du hockey latuquois, dont Bill Gilman, le gérant de la patinoire, aimeraient voir la création d’une ligue formée d’équipes de la vallée de la Saint-Maurice. Ainsi apparaîtra la Quebec Provincial Hockey League qui aura des équipes à La Tuque, Grand-Mère et Trois-Rivières, entre autres, et un club de Québec, appelé les Voltigeurs. Les clubs sont majoritairement composés de francophones. La Tuque aura ensuite une équipe dans l’Association de hockey de l’Est du Canada, dans les années 1930.

The St. Maurice Valley Chronicle, 8 octobre 1920.

NOVEMBRE

Les 2 et 3 novembre, à Berlin, septième rencontre annuelle des responsables de la division forestière.

La liste des participants nous renseigne sur les localités où la Brown a un établissement et les gens qui en sont les responsables. Avec les années, on peut en arriver ça suivre la carrière des uns et des autres.

Sont venus du Québec J. A. et L. C. Allaire, H. B. Curran (Amqui); J. O. Arseneault , C. B. Bradley, R. E. Hartley, T. E. Mack (La Tuque); V. A. Beede, P. B. Keens (Rivière-du-Loup); W. J. Brady; S. Redmond (Saint-Georges); J. H. Carter (Sanmaur); J. S. Cassidy, Stanislas Labbé, J. A. Morency, E. W. Morissette (Trois-Pistoles); S. J. De Carteret, J. C. Corbett, Marcel Savard, . J. Smith, J. A. Taylor(Québec); Rock Lindsay, J. H. Pagé (Windigo); C. H. Mott (Rivière-Jaune); L. P. Jutras, J. A. Crawford (Lyster); Henri Pelletier (Saint-Raymond); E. J. Daley (Craigs Road); J. A. Dubé (Berlin); J. E. Robichaud (Rosaire).

Il y a eu des compétitions entre Américains et Canadiens, pas nécessairement des patrons ou des superviseurs, mais aussi des employés habiles dans diverses épreuves athlétiques. Au total, ce sont les Américains qui ont accumulé le plus de points mais, au concours de tir à la carabine, ce sont les employés venus du Québec qui ont gagné.

Collection d’outils forgés à la main

Dans le lot, il y a un marqueur de billots aux initiales Q. I. C. pour les pièces destinées à la St. Maurice & Quebec Industrial Co. de La Tuque..

DÉCEMBRE

Les employés rêvent de pouvoir profiter de l’équipement sportif du Community Club : gymnase, piscine, quilles, billard…

La nouvelle centrale électrique est en marche et la patinoire a été agrandie.

Aldori Dupont signale qu’on avait mis sur pied une nouvelle cimenterie : La Tuque Cement Brick.

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Des publicités soignées

En quelques occasions, la page de couverture arrière du Bulletin a fait la promotion de certains produits de la Brown. Entre autres, la «La Tuque Turpentine». À une époque, une gamme étendue de produits chimiques dans les pharmacies américaines, même de la térébenthine, qui entre dans la fabrication de médicaments de nos jours… Est-ce que ce serait le premier produit à exporter le nom de notre ville aux États-Unis ? Fort possible.TBB, juin 1920

TBB, juillet 1920

TBB, octobre 1920

Une autre mentionne les préoccupations écologiques de la compagnie, sa volonté de produire le moins de résidus possibles.

Ces pages sont agréablement illustrées par des œuvres du département des graphistes de la compagnie.

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[1]

A. Aldori Dupont, greffier, «Histoire de la ville de La Tuque, 1908-1962», La Tuque, 7 août 1962, 225 feuillets format légal, reliure cartonnée. Avant-propos de Lucien Filion, maire, et de Léo A. Archambault, gérant municipal. Depuis, cette intéressant et utile compilation de faits historiques a fait l’objet de plusieurs versions photocopiées.

[2] Contrat d’Oscar Dicaire, du La Tuque Hockey Club, de la Quebec Provincial Hockey League.

Le document, en vente sur Ebay, montre la signature de George Pabos McNaughton, un joueur de l’équipe, qui signe à titre de témoin.

Signature de George Pabos McNaughtton

Je n’arrive pas à déchiffrer la signature du président du club. Sur un autre contrat de 1921, celui de Stan Gillard, c’est Simmons Brown qui occupe ce poste. Brown libérera McNaughton la saison suivant, et celui-ci qui retournera alors à son ancien club, les Sons of Ireland, lequel, ironiquement, compte, cette année-là, environ 90% de francophones. Comme quoi Québécois et Irlandais sauront toujours faire bon ménage ici.

L’histoire sportive a retenu le nom de McNaughton, venu de la Gaspésie pour travailler à La Tuque, mais sans doute l’avait-on engagé pour ses talents sur la glace et «paqueter» une équipe, car George était un fameux buteur. Il a joué une seule partie dans la Ligue nationale, pour les Bulldogs de Québec, sans doute le premier joueur de ce calibre à venir patiner pour une équipe latuquoise, les Warriors (peut-on y voir une inspiration amérindienne ?), lors de la saison 1920-1921 et une autre de Grand-Mère, l’année suivante. Tout de même impressionant de lire le nom d'une équipe de hockey latuquoise sur la fiche d'une «légende» du hockey !


[3]

Il s’agit sans doute de L. P. Mongrain, qui signe son nom sans «T».


Six contrats de l’équipe de La Tuque, de l’Association de hockey de l’Est du Canada / Eastern Canada Hockey Association, qui datent de décembre 1931, offerts par un vendeurs de Montréal, indiquent que le président de l’équipe est Wentworth Brown et c’est Geo. Braithwaite qui signe à titre de témoin. Les joueurs : Sam Lajoie, Willie Chartrand, Raoul Montgrain, Odilon Lajoie, P. Mongrain, G. B. Hannahan. Le président de cette ligue est J. Émile Dion.

[4]

Texte intéressant sur les archives photos de la Brown Corporation. J’y ai trouvé une allusion à La Cayute ! C’est un certain Victor Beaudoin qui, dès 1926, fut chargé de photographier tous les aspects des opérations de la Brown.

http://media.www.theclockonline.com/media/storage/paper569/news/2008/10/24/ArtsEntertainment/To.Infinity.And.Beyond.Brown.Paper-3503197.shtml

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Un dessin pas très correct

The Brown Bulletin, janvier 1920, p. 5.

Il y a une bonne dose de mépris dans cette caricature de G. Young, titrée «La fonction de commis, c’est du gâteau, mais…». Le fait de faire parler un jargon anglais à ces Canadiens français, présentés ici comme des quêteux, eux qui pourtant font de leur mieux pour se faire comprendre de ce commis unilingue anglais, montre bien comment certains ont pu percevoir les ouvriers : une main d’œuvre qui devait faire preuve de soumission et de dévouement envers des employeurs qui leur donnaient du travail et qui devait s’en trouver chanceuse !

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mercredi 30 septembre 2009

Retour, rue Tessier


Comme j’ai reçu deux réactions à ma précédente chronique sur cette rue qui ne manque pas d’histoire, j’y retourne.

D’abord, mon amie et collègue historienne, Françoise Bordeleau, l’auteure de l’essai Histoire de la paroisse Saint-Zéphirin, La Tuque, 1912-1987 (1), m’a rappelé que la date attribuée par Lucien Filion à la photo que j’ai utilisée, extraite de son livre et montrant la rue Tessier, le jour du Dominion, en 1915, ne pouvait être la bonne. Elle a bien raison : la photo ne peut être de cette année-là, puisque le nom de Brown Corporation n’apparaîtra qu’en 1917. Les Brown du New Hampshire utiliseront cette appellation pour remplacer celle de Quebec and St. Maurice Industrial Company pour ses opérations au Québec, et celle de ses usines de Berlin, aux États-Unis, par Brown Company.

Ensuite, un ami collectionneur m’a envoyé plusieurs numérisations reliées à La Tuque et aux installations de la Brown, à Berlin, au New Hampshire à cette époque.

Parmi elles, sept cartes de La Tuque portant toutes le tampon « J. H. A. Bernard, Artiste Photographe, Shawinigan Falls », un lot qu’il a acheté sur le site d’enchères Ebay. En voici six; j’ai utilisé l’autre (montrant la construction du couvent et la première gare, rue Tessier) dans ma chronique précédente.

La première est intéressante, car elle situe clairement la maison natale de Félix Leclerc, rue Tessier. On peut y lire «Hôtel Leclerc» (2). À gauche, on devine l’enseigne du restaurant TRANSCONTINANTAL.

La rue Commerciale, en direction sud, et, en avant-plan, la rue Saint-Joseph. À gauche, une partie de la Quebec Bank, ouverte le 16 avril 1910, et, derrière, ce qui semble être les débris d’une construction, sans doute passée au feu. À droite, passé le deuxième poteau de téléphone, l’enseigne d’une buanderie, «LAUNDRY». La porte en coin du commerce de droite est l’une des caractéristiques de l’architecture des premiers commerces latuquois. Pendant longtemps, la cordonnerie Duharme, angle Commerciale et Scott, aura ce type de porte.

La Banque Royale succèdera à la Banque du Québec le 2 janvier 1917. La photo semble antérieure à la construction de l’hôtel Windsor.

La rue Saint-Antoine, en direction nord. À gauche, l’édifice du magasin actuel Arthur Harvey.

Une partie de l’usine de la Brown Corporation, au moment de la construction du Main Office.

Les chutes, en aval du pont suspendu. On y distingue un système de rail en bois, des lisses de bouleaux, qui permettait sans doute de déplacer de l’équipement lourd, des bateaux, par exemple. On voit aussi une très petite partie d’un bâtiment de brique, une grosse canalisation d’eau surmontée d’une espèce de trottoir fait de madriers descendant jusqu’à la petite centrale électrique, flanquée d’une tour. Ce gros tuyau alimentait la petite centrale. Plus bas, l’île aux Goélands, connue dans les années 1950, sous le nom d’île Gilbert, car la famille d’Henri Gilbert, distributeur de produits en gros, y avait construit plusieurs chalets sur pilotis.

Le presbytère et la première église, presque amputée de son clocher. Mon correspondant me signalait d’ailleurs le format très irrégulier de ces cartes de Bernard, qui sont de vraies photos : mal coupées, mal cadrées, plutôt artisanales…

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Cette carte postale a été postée de La Tuque, le 22 juillet 1915. Elle porte le tampon «L. COTE, LA TUQUE, QUE.». À l’endos, Geo. B. écrit à sa mère, madame Clara Bullak, de White Horse Beach, au Massachusetts, qu’il arrive de Québec par train et qu’il se dirige vers Cedars, où une certaine Edna se trouve déjà et où lui-même s’attend à travailler pendant les quatre prochaines années. Il doit s’agir du chantier de construction du barrage de La Loutre.

On y voit en partie le toit de la Banque Nationale, installée au coin de la rue Saint-Antoine, angle Saint-Joseph, en 1913, les deux tracés des voies ferrées, l’hôtel de ville, l’école Saint-Zéphirin et l’hôpital, la rue Commerciale avec ses hôtels Windsor et Marchand, et on devine des maisons des rues Saint-Maurice et Tessier.

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Les Brown et Berlin, au New Hampshire

Mon collectionneur a aussi joint quelques illustrations reliées à la Brown Company, utiles pour identifier les établissements de celle-ci.

Les deux cartes postales, des scènes de Berlin, au New Hampshire, expédiées de Saint-Tite, les 12 octobre et 6 novembre 1907, à «Mademoiselle Cécile Lacoursière, Pensionnat des Ursulines, Trois-Rivières». Elles sont de sa sœur Ursule. La famille avait sans doute des parents à Berlin.

La vue de la petite ville rappelle la géographie de La Tuque.

Mon correspondant a trouvé cette carte postale, assez originale, dans ses archives de famille, expédiée de Berlin par S. Nicol, un oncle maternel de son père, à Louis Toussaint, de Saint-Romuald-d’Etchemin. Elle comporte un petit livret, contenu dans une niche et retenu par un petit fermoir pivotant en laiton. Il se déplie pour montrer onze «vues» de Berlin dont quatre consacrées aux installation des Brown à Berlin : le Cascade Mill, la Burgess Sulphite et la Berlin Lumber Co.

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(1) Description bibliographique de l’ouvrage historique de Françoise Bordeleau, conservée à la Bibliothèque nationale et archives nationales, à Montréal.(2) Les deux photos qui suivent sont extraites d’un ouvrage dans lequel Grégoire Leclerc livre ses souvenirs de 1911 à 1934. Réservé aux membres de la famille des Leclerc, son tirage a été limité à 34 exemplaires.

Sur cette photo de Léo Leclerc, derrière le bar de son hôtel, Félix a écrit : « Mon père à l’âge de 40 ans à La Tuque, F. L.»

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Une curieuse photo.

Achetée aussi sur Ebay, elle provient d’un album. Des résidus de papier noir sont restés collés au verso. On y lit cette légende. : «Brown’s Camp. La Tuque, le 5 juille[t] 1916.» Qui peuvent bien être ces trois poseurs endimanchés ? Où sont-ils, à La Tuque ? La maison de pension de la rue Saint-Maurice, dans la section qui deviendra la rue Beckler ?

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mardi 15 septembre 2009

Cette rue que Félix appelait

« Claire Fontaine »

Angle Tessier et Wenceslas. 29 août 2009.

Dans Pieds nus dans l’aube, un récit qu’il situe vers 1925, Félix Leclerc parle à plusieurs reprises de deux artères de La Tuque : d’abord, le boulevard Saint-Maurice, qui aboutissait aux chutes, écrit-il, ce qui devait être vis-à-vis l’usine des Brown, en aval du pont suspendu, puis la rue où sa famille habitait, qu’il nomme « Claire-Fontaine», c’est-à-dire la rue Tessier.

Les La Tuque Falls, avant l’élargissement du lit de la Saint-Maurice à cet endroit et la construction de la première petite centrale électrique de la Brown Corporation et bien avant celle de l’installation du barrage de la Shawinigan Water and Power au début des années 1940.

Les chutes de La Tuque, vues d’en aval, avec, à l’arrière-plan, le pont suspendu installé par la Brown, auquel était accroché un tuyau qui servait à alimenter en eau, jusque vers 1935, son usine de pâte à papier depuis le lac Parker, à l’Ouest.


Micheline Raîche-Roy m’a envoyé cette illustration qu’elle a trouvée lors de ses recherches pour son blogue sur Eugène Corbeil. La gravure remonte à la fin du dix-neuvième siècle et donne un aperçu des chutes et de la montagne avoisinante avant l’intervention de l’homme.

Je serais porté à penser que le trajet du boulevard Saint-Maurice comportait ce tronçon que les anglophones appelaient «Along the Bank» et qui sera modifié en 1920, lors de la construction du Community Club. La rue portera ensuite le nom de On The Bank, puis aujourd’hui celui de Beckler.

La rue Saint-Maurice en direction sud, vers 1910. On y voit le long atelier de bois de la firme Desbiens et Tremblay, et, derrière, son silo pour y emmagasiner la sciure de bois, puis le Château Saint-Maurice, bâtisse en forme de «T». L’école des anglophones, La Tuque High School, occupe l’emplacement où était situé cet atelier. La voie ferrée de gauche existe encore aujourd’hui.

La photo ci-dessous (prise le 29 août 2009) montre le butoir fixé

à son extrémité sud et l’usine, au loin.

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La rue Tessier

L’une des plus anciennes rues de La Tuque, elle a d’abord porté le nom de Lake St. John Ave., c’est-à-dire celui de la compagnie ferroviaire du Quebec and Lake St. John, compagnie née en 1894 de la fusion des société Canada-Nord et Canada-Nord-Québec (1), qui y avait fait construire la première gare de la ville.

On y distingue très bien le magasin de Léo Leclerc (2), le plus haut bâtiment portant un panneau blanc au-dessus du balcon. Le photographe a saisi quelques ouvriers de la Brown, sac à lunch à la main, se dirigeant à leur travail. On voit aussi une grosse affiche sur le côté du magasin orné d’un auvent et sur laquelle il y a deux chevaux blancs et, en gros, une date, «July 14». Au fond, la montagne, plutôt dénudée, et devant, des maisons de la rue Commerciale. Une voiture à cheval, à gauche, est stationnée devant un petit commerce. L’hôtel St-Roch n’existe pas encore.

Plus intéressant encore, c’est l’œuvre du premier photographe résident de La Tuque, «Mr. Louis Lavoie» qui a fait imprimer sa photo en «Saxony», la Saxe, un ancien comté de l’empire d’Allemagne !

Curieusement, aujourd’hui, la rue Tessier est la seule , avec la rue Saint-Maurice, à n’avoir des résidences bâties sur un seul côté, conséquence de la présence d’une double voie ferrée entre elles.

Deux vues d’une partie de la rue Tessier, au nord de Saint-Joseph, depuis l’usine de la Brown. Antérieure à 1910. Le vaste terrain vague, à l’avant-plan, sera utilisé par après pour y empiler le bois d’œuvre produit par la scierie de la compagnie. On y voit la première église de bois. Le couvent n’apparaît que sur la deuxième.

La première gare de La Tuque

La rue Tessier, vers 1910, en direction nord. La gare, à gauche, le château d’eau et quelques édifices du côté Est de la rue. On devine l’usine, plus au nord.

Jusque dans les années 1960, il y avait une voie ferrée qui longeait la rue Saint-Maurice et une partie de la rue Tessier. L’usine de la Brown, qui avait défrayé les coûts reliés à la construction du chemin de fer depuis Linton, se trouvait donc à être le terminus de ce tronçon.

Une voie de garage accueillait les wagons contenant les marchandises destinées aux marchands de la ville.

La gare, alors érigé à l’angle nord-ouest de Tessier et Saint-Joseph. Elle a par la suite servi d’entrepôt à Georges Vandelac, marchand de fruits et légumes, que Félix nomme Grandlac, dans Pieds nus dans l’aube.

Illustration tirée de l’ouvrage de Lucien Filion, La Tuque à travers ses maires.

La photo suivante, prise du clocher de la première église (en avant-plan, on aperçoit la campanile du toit du presbytère), vraisemblablement en 1910, donne une idée des travaux de construction du couvent, mais fournit aussi d’autres détails qui montrent l’état de cette partie de la ville à l’époque : la gare, la voie ferrée menant à l’usine, le réservoir d’eau pour les locomotives, la grande maison de pension, la boarding house, des cadres de la Brown, quis era démolie plus tard pour faire place au Commmunity Club. dont l'architecte reprendra les lucarnes. Cachée sous les arbres, on devine la toiture de la résidence du gérant de l’usine. On y voit aussi le mur arrière de quelque huit ou neuf maisons de la rue Tessier, en plus de l’hôtel Allard, auquel on ajoutera un étage et qui deviendra l’hôtel Victoria, rue Saint-Pierre, et quelques maisons de cette petite rue.

Montage de Gaston Gravel à partir d’une photo

fournie par Pierre Cantin.

Par la suite, la rue a été rebaptisée «Tessier», à la mémoire de Jean-Baptiste Tessier qui s’était établi sur la rive ouest de la Saint-Maurice vers 1850. Dans son essai historique, Lucien Filion laisse entendre qu’elle aurait pu aussi avoir été nommée en l’honneur du premier ministre québécois de la Voirie, Joseph-Adolphe Tessier, assermenté le 9 mars 1914, et qui restera en poste jusqu'en septembre 1921.

Jean-Baptiste Tessier et sa femme.

Photos aimablement prêtées par Réjean Berman.

Plusieurs commerces, établissements et bureaux de professionnels s’y sont installés au cours des ans. Entre autres, le docteur J. Amédée Riberdy, qui aura plus tard une pharmacie, rue Commerciale. La Mercerie Ernest Gauthier, qui fera de même. Félix précise, dans Pieds nus dans l’aube, qu’il y a avait aussi la maison de la fanfare.


Le Château Blanc

Sur cette illustration, tirée de l’ouvrage de Filion, c’est le bâtiment surmonté d’une tourelle, qui deviendra le Saint-Roch (3), érigé à l’angle sud-est de Saint-Joseph, voisin de l’épicerie et quincaillerie de François-Xavier Lamontagne. Tout au coin, dans une petite échoppe à même l’hôtel s’établira, des années plus tard, le barbier Béliveau, que Félix décrit dans son livre comme «un type assez grand, maigre, pointu du derrière des épaules à la tête, qui sentait l’eau de Cologne…»

Départ du défilé du Dominion Day, en 1915. On notera le char allégorique de la Brown Corporation, ainsi que le Château Blanc, à gauche, et ensuite le magasin de Léo Leclerc, surmonté d’un drapeau.

Illustration tirée du livre de Lucien Filion.

Le téléphone

La Compagnie de téléphone a eu son premier bureau, en 1910, dans un édifice appartenant à Bernard Keenan et Achille Comeau (qui sera le premier maire de la municipalité Village La Tuque), à l’angle Commerciale et Tessier. C’est d’ailleurs la municipalité qui fournissait l’eau nécessaire aux locomotives du Québec et Lac Saint-Jean : 0,02 $ le gallon (en mai 1910). Pas cher le litre ! La compagnie Desbiens et Tremblay se chargeait de ce service.

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La rue Tessier, au fil du temps

Vue de l’usine de la Brown et ses importants tas de pitounes, et du quartier qu’on appelait «L’aut’ bord du lac» : on devine la rue Tessier et on voit bien les rues Saint-Michel et Saint-Honoré. En avant-plan, la voie ferrée du Transcontinental et le commerce de matériaux de construction de Jos. Lambert, de nos jours l’entreprise Joseph-Élie Tremblay. Vers 1920.

C’est en 1920 que la rue connut son premier trottoir de ciment pour remplacer celui en bois, tout un événement, décrit par Félix :

«... une équipe d’ouvriers armés de piques, de crocs-barres, de leviers et de marteaux, envahirent la rue Claire-Fontaine, un beau matin, et se mirent en frais de démolir le trottoir de bois…»

«Note beau trottoir de bois, tortueux et usé, qui faisait poliment des détours pour ne pas se buter contre les arbres, qui, en maints endroits, protégeait de vielles herbes folles et des familles entières de grillons, ce chef d’œuvre du père Richard dut disparaître à son tour puisque chaque chose disparaît à son tour.»

La rue Tessier et «L’aut’ bord du lac», vus d’un autre angle. On y aperçoit un bout des rues Saint-Paul et De la Plage. Deux morceaux d’architecture de cette photo ont disparu du décor : la grange étable de la compagnie berlinoise du New Hampshire, rue Brown, érigée du temps du vétérinaire Jim Monahan, en 1921, et l’école primaire Saint-Michel.

Sensiblement la même vue, le 22 mai 2006.

Le syndicaliste Émile Boudreau, qui a écrit sur La Tuque, entre autres sur la rue des Anglais (la rue On the Bank) et qui a publié ses mémoires, est arrivé ici à l’âge de six ans. Sa famille demeurait à quelques maisons de celle d’un gros marchand de bois de chauffage, Léo Leclerc, le père de notre écrivain et chansonnier. «Devant notre maison, de l’autre côté de la rue, il y avait l’embranchement du chemin de fer qui desservait la ‘shop’ des Brown.» (Un enfant de la grande dépression, p. 141). C’est lui, le sympathique personnage de Fidor, l’Acadien, qui accompagne le narrateur de Pieds nus dans l’aube.

Un édifice à la forme plutôt originale

C’est la voie ferrée menant à l’usine qui aura en quelque sorte décidé de la forme peu commune de l’édifice érigé à l’angle de trois rues : Commerciale, Tessier et Scott.

L’édifice triangulaire, aperçu depuis la rue Scott. On peut voir le campanile de l’hôtel de ville, rue Commerciale.

Avec le temps, ce triangle architectural a rétréci et est devenu un losange. On a dû en détruire une partie à la suite d’un incendie. Photo : mai 2006.

Wencesclas Plante, du temps où il fut maire, habitait en face de cet édifice triangulaire, angle Commercial et Scott. Cette carte postale, signée Léon Côté, montre un cocher et son attelage attendant le magistrat. On peut lire, sur la plaque apposée à la façade, RUE COMMERCIALE. À l’arrière-plan, une maison de la rue Saint-Maurice.

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GRAND NORD

(1) Dans cet article paru dans le Saturday Budget de Québec, le 3 mai 1890, et commentant le rapport annuel de la compagnie Quebec and Lake St. John Railway pour 1889, il est question de la construction d’une ligne de chemin de fer depuis le nord de Saint-Raymond-de-Portneuf jusqu’à La Tuque, puis le lac Témiscamingue, ainsi que l’établissement d’un système de transport de passagers par vapeur, sur la Saint-Maurice, des Piles à La Tuque.

(2) En 1926, le père de Félix part pour l’Abitibi. Il a l’intention de se lancer dans une nouvelle aventure commerciale. Cet entrefilet, tiré de «La Gazette de La Tuque», une page du journal La Gazette du Nord, édition du 12 novembre 1926, dont le responsable est Aldori Dupont, mentionne une visite de l’entrepreneur à La Tuque, où est restée sa famille.

(3) Longtemps inutilisé, l’édifice a été l’objet de rénovations récentes et a retrouvé sa vocation d’antan : en bel après-midi du samedi 29 août, quelques Latuquois et Latuquoises communient au houblon, sur la terrasse Chez Zak, sous l’ombre de l’impassible clocher de l’église Saint-Zéphirin.

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Annexes

JEUNES LATUQUOISES À LA RECHERCHE DE L’ÂME SŒUR.

Dans son récit autobiographique, Félix écrit ceci à propos de sa sœur Hélène, «la belle fille» … qui a décidé de quitter l’école :

«Elle a dit adieu à sa boucle noire et à son voile de couventine.

Ses études semblaient terminées Des revues et magazines de modes remplaçaient ses livres d’école. Toutes les deux heures, elle courait au bureau de poste, soit pour y déposer des lettres qu’elle baisait avant de les livrer à la boîte, ou pour en recevoir. Je ne sais trop qui lui envoyait des feuilles d’érables ou des trèfles par correspondance, mais cette verdure la rendait vraiment songeuse…»

En fouinant dans Internet, je suis tombé sur cette colonne du Passe-Temps, consacrée aux petites annonces dont certaines m’ont fait penser aux lignes de Félix sur sa soeur.

Une colonne plutôt mauricienne et surtout latuquoise, car trois demandes de correspondants proviennent de La Tuque et une autre de Shawinigan.

Deux sœurs se font concurrence : Violette Américaine et Rose Canadienne ! Elles n’ont pas regardé à la dépense, chacune ayant payé sa propre annonce. Ce qui n’est pas le cas de ces résidants de Sainte-Lucie, au Lac-Saint-Jean, plutôt radins, qui se sont inscrits à trois !

Un samedi matin du printemps 1960…

… à la piscine du Brown Community Club. Le Nouvelliste, mai 1960. Archives Hervé Tremblay.

Quelques membres de l'escadron latuquois des cadets de l'Air de La Tuque, des sexagénaires actuels de la ville, dont Robert Cantin (rangée du milieu, mains sur les hanches), Jacques Boutin et Michel Guillemette, assis à droite, qui s'y reconnaîtront peut-être, posent pour cette photo datant de presque un demi-siècle. Les jeunes cadets y recevaient des cours de natation donnés par l’instructeur Jacques Bélanger (qui sera plus tard un promoteur du marathon de nage «Les Vingt-Quatre Heures de La Tuque») et le responsable, Réjean Berman (à sa gauche). Le Club était un endroit bien vivant de la ville à cette époque.

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